Le Wagon à vaches
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Le Wagon à vaches Details
Le wagon à vaches « peut se définir comme le journal d’un prisonnier de l’après-guerre - un homme quelconque -, enfermé dans son petit métier, dans des fréquentations médiocres et des souvenirs banals, captif de sa ville. Incompréhensible. », écrivit cet enragé civil, qui méprisa le monde des lettres qui le lui rendit bien. Malheureusement pour la littérature, un grand écrivain était né. Et il est mort, en cherchant le plus court chemin d’un point à un point virgule. Hyvernaud décrivait avec une ironie trop aigüe pour l’époque, la condition de prisonnier de l’après-guerre.

Reviews
Un livre à la hauteur de l'événement de la seconde guerre mondiale. Un livre qui a connu pire que la fonction décrite par l'auteur pour les monuments aux morts: la reconnaissance par l'abstraction du nom pour évacuer la chair douloureuse, l'absence et permettre l'oubli. Le mort au moins se tait alors que ce livre raconte et a donc rencontré en retour le silence et l'indifférence féroce, sa reconnaissance étant peut-être rendue impossible par le besoin pour la population de se raconter les histoires habituelle pour taire les horreurs. Le narrateur a fait l'expérience d'être quelqu'un qui ne compte pas, pris dans la multitude. Il a rencontré la haine meurtrière anonyme et ce n'est pas fini, elle se continue dans l'après guerre. Elle avait commencé avant car il y avait la grande guerre déjà et les autres avant. Il a le courage de restituer cette haine, petit à petit, il se contient, il n'est plus sûr de rien. Il raconte. Avec un style ou on vit avec lui l'effort pour accueillir, nommer ce qu'il vu, ressenti et qui a outrepassé son humanité au point que le sens commun, les théories connues sont inadéquates : être une marchandise pour la mort dans le wagon à vaches.Et une marchandise déformable comme il dit, plus facile à entasser qu'un cageot de tomates. Tous les mythes pour faire tenir la condition humaine se sont effondrés, l'amour, la culture, la justice et le reste. Tout ce qu'il voit est nouveau, hallucinant, il ne sait plus qu'en penser d'avance (ce qui est le signe de sa bêtise pour son ami Bourladou, séparés qu'ils sont par des expériences impartageables). La guerre a balayé toutes les anciennes évidences. Il avance dans le fossé que lui creuse sa relation avec la famille Bourladou dont la misère, la bêtise lui font tolérer celle qu'il a rencontré et porte en lui. Avec cette famille et le reste du village au sens increvable de la compromission, il apprivoise cette misère sans doute pour ne pas exploser. Et il nous la rend. J'ai pensé a coup de torchon de Tavernier justement comme le règlement de compte auquel le narrateur se refuse. De toute façon il s'en passe tellement qu'il n'est plus possible de faire les comptes et le narrateur trouve son salut dans une vie banale peut être pour retrouver le plancher des vaches et faire comme si aussi, écartelé entre l'envie du sens commun et cette expérience inédite. Le récit fait se tenir ensemble ces morceaux. Miracle. Immense travail de réconciliation. La vraie, pas celle qui se fait pour évacuer ce qui a été vécu. Le livre sera écrit pour dire à Bourladou, aux autres, cette expérience que la parole n'arrivait pas à dire.


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